mercredi 3 août 2016

Chevènement, vainement désigné comme Juif

Jean-Pierre Chevènement est identifié comme juif sur un site internet d’une contrée orientale dont l’orientation ne fait pas mystère, la page étant intitulée « Ces Juifs qui dominent la France ».

Avec cette illustration, le site algérien annonce la couleur...
Les antisémites conspirationnistes sont capables de tout, même de tenir quelqu’un pour juif sous prétexte que ses ancêtres portaient un nom en « -mann » il y a plus de trois cents ans. 

Toutefois, il se peut qu’ils aient plutôt pris comme argument la judéité de l’épouse de Chevènement, Nisa Grünberg.

Les enfants de Chevènement seraient donc juifs selon la Torah, ce qui place lhomme de Belfort dans la même situation que Pascal Bruckner ou Pierre-André Taguieff, par exemple.

Pourrait-on sérieusement imaginer, en France, en 2016, au lendemain d’une série d’attentats islamistes, un Juif nommé ou pressenti pour être nommé à la tête d’une « Fondation des Œuvres de l’Islam de France » (sic) ?

Toujours est-il que l’intéressé n’a aucune ascendance juive connue et ne s’est jamais de la vie converti au judaïsme. 

Jean-Pierre Chevènement est le fils de Pierre Chevènement, instituteur, et de Juliette Garessus, institutrice. Les Chevènement sont des Franc-comtois. Le nom d’origine, Schwennemann, qui désignait probablement celui qui est originaire du hameau de Schwenni (commune de Saint-Anton, dans le canton suisse de Fribourg), a été francisé en Chevènement à la fin du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe siècle.

Le nom de sa mère, Garessus, est également un nom de la région (prédominance dans le Doubs), autrement dit, un nom qui nindique pas du tout une ascendance juive du côté maternel.

dimanche 31 juillet 2016

Taguieff aime la musique juive

« (…) C’est une imputation de judaïsme, en vertu de ce que l’on tient de sa définition. (Cela) se retrouve à tous les niveaux. Souvenons-nous de l’article de Tariq Ramadan, paru en 2003, sur ce qu’il appelait les « intellectuels communautaires », où il s’en prenait à Pierre-André Taguieff, un chercheur sur l’antisémitisme, qui n’est absolument pas juif. » - Raphaël Enthoven, La Morale de l’info, Europe 1 (retranscription d’Éric Hazan pour LeMondeJuif.info)

À coup sûr, les travaux de Pierre-André Taguieff portant sur le racisme, et surtout ceux portant sur l’antisémitisme, sont pour quelque chose dans la confusion qui consiste à le prendre pour un Juif.

Cette confusion, le sinistre Ramadan, islamiste chouchou de la télévision française, n’est certainement pas le seul à l’avoir faite. Le patronyme à consonance étrangère du chercheur aura facilité la chose, bien que Taguieff ne soit pas plus juif que Tambyeff, Tazieff ou Terzieff.

Né d’un père russe et d’une mère d’origine polonaise, Taguieff a très tôt été passionné par la culture juive, notamment musicale. Par ailleurs, selon ses propres dires, « tous les amis de la famille étaient des Juifs dEurope de l’Est, marqués par lexpérience nazie » (Wikipedia).

Pierre-André Taguieff a aussi été marié avec la chanteuse yiddish Talila, avec qui il a eu une fille. Certes, il peut dire, à l’instar de Pascal Bruckner, que sa fille est juive.

Et cependant, comme il l’a déclaré publiquement à plusieurs reprises, lui-même n’est pas juif et ne l’a jamais été (pas plus que son père ou sa mère).

jeudi 21 juillet 2016

Est-on juif quand on s’appelle Cowen ?

Le 15 juin 2010, le site internet du Figaro annonçait comme une chose tout à fait normale l’expulsion par Dublin d’un diplomate israélien « en rétorsion à l’usage de faux passeports irlandais dans le meurtre à Dubaï en janvier d’un cadre du Hamas[,] dont les services secrets israéliens sont soupçonnés (...) ».

J’avais alors demandé si la Suisse avait expulsé un diplomate français, une fois établi que les services secrets français avaient fait usage de faux passeports suisses pour couler le Rainbow Warrior en Nouvelle-Zélande.

Mon commentaire avait été refusé par les « modérateurs » du site.

En revanche, les mêmes navaient visiblement rien trouvé à redire au commentaire d’un certain « Fayçal Zerrouk » :

« Pour info, le Premier ministre irlandais s’appelle Cohen. Au cas où certains partisans du grand Israël oseraient le traiter d’antisémite, je les préviens, histoire qu’ils ne se ridiculisent pas une fois de plus. »

Ces mêmes « modérateurs » avaient cependant jugé bon de supprimer la réponse de « honney18 » à ce surdoué. Quavait-elle écrit de si inacceptable, « honney18 » ? Tout simplement, que le Premier ministre irlandais s’appelait Cowen, et non pas Cohen... et qu’il n’était pas juif.

Sachant qu’il y a eu un jour en Angleterre un Premier ministre nommé Benjamin Disraeli, et plus récemment en Autriche un chancelier nommé Bruno Kreisky, je ne dirai pas qu’il est complètement impossible qu’un Premier ministre irlandais soit juif, mais en l’occurrence, « honney18 » avait raison.

Brian Cowen (par ailleurs un fervent admirateur de Yasser Arafat, et donc quelqu’un d’aussi pourri que les journalistes de la presse française écrite et électronique et ses « modérateurs ») est issu de l’Irlande profonde. Il a poursuivi sa scolarité dans un collège cistercien (Wikipedia), et son nom, qui na rien de juif, s’écrit en irlandais Brian Ó Comhain.

mardi 19 juillet 2016

Charlélie Couture, un Juif influent ?

Un site internet conspirationniste, consacré à « ces Juifs qui dominent la France » (sic), cite Charlélie Couture, de son vrai nom Bertrand Couture, parmi les Juifs les plus influents, aux côtés de son défunt frère Tom Novembre (de son vrai nom Jean Thomas Couture) et de plusieurs personnalités dont rien, absolument rien, nincite à penser quil pourrait sagir de Juifs.

Si quelquun peut méclairer sur la domination ou linfluence que Tom Novembre aurait exercée sur la société française, ou quil continuerait d’exercer depuis lautre monde, je ne demande qu’à voir ma curiosité satisfaite.

À ce niveau de stupidité, on se demande comment il serait encore possible de parler d’erreur ou de méprise. 

Il n’est certes pas impossible que la présence du prénom Élie dans létat-civil de Charlélie Couture soit pour quelque chose dans ce délire (à ce propos, voir mon article sur Serge Ayoub). Dans ce cas, comment comprendre que Jean-Pierre Chevènement, Patrick de Carolis et Jean-Marc Morandini figurent sur la même liste ?

Mais comme je l’ai déjà fait remarquer, il ne faut généralement pas chercher de la rationalité et du bon sens là où il est question des Juifs (ou de personnes supposées juives), à plus forte raison (si je puis dire) quand on a affaire à des détraqués.

Le troisième prénom de l’artiste lui vient de son grand-père maternel, qui s’appelait Auguste Élie Michel.

Bertrand Charles Élie Couture est le fils de Jean-Pierre Couture et d’Odette Michel, elle-même fille d’Auguste Élie Michel et de Cécile Charlotte Boutry. En remontant à la troisième génération, on trouve d’autres noms très français comme Dufoux et Vouillon, et toujours aucun patronyme qui ressemble un tant soit peu à Cohen, à Levi, à Touitou ou à Zygelstein. 


Sources : geneanet.org, Wikipedia.

lundi 18 juillet 2016

Juif, Mister Bean ?

Ce même ami qui me racontait que le vrai nom d’Audrey Tautou était Touati – d’où l’article qui précède – allait le lendemain même, alors que je venais de le détromper, me gratifier dun nouveau scoop. Selon ses sources, Rowan Atkinson était bel et bien juif.

Quelles sources, exactement ? « On me l’a dit ». Je n’en saurais pas plus.

Je ne peux que spéculer sur ce qui a pu inspirer un tel racontar. Est-ce parce que beaucoup de comiques sont juifs ? Ou bien, tout bêtement parce que l’intéressé est brun ? Ou encore, parce qu’il a un nom en « –son » ? À moins qu’il s’agisse d’un rapprochement douteux entre Rowan et Reuven (c’est-à-dire Reuben) ?

Autre possibilité, son sketch désopilant dans lequel il incarne un diable qui accueille les chrétiens en enfer en leur révélant que cétaient les juifs qui avaient raison...

Rowan Atkinson est né à Consett, dans le comté de Durham. Son père, Eric Atkinson, était agriculteur et chef d’entreprise et sa mère s’appelait Ella May, née Bainbridge.

Outre que ni son lieu de naissance, ni son parcours scolaire ni le métier de son père ne suggèrent une appartenance au peuple juif, Atkinson et Bainbridge sont des patronymes typiquement britanniques.

Ma source à moi, en l’occurrence, c’est Wikipedia : une source très critiquée, mais pas toujours à bon escient. Ce n’est certes pas une référence fiable pour qui voudrait savoir ce qui s’est réellement passé au carrefour de Netzarim le 30 septembre 2000, par exemple, ou si lIran possède déjà une arme thermonucléaire opérationnelle. En revanche, il n’y a aucune raison de penser que Wikipedia se trompe ou trompe ses lecteurs quand on y lit que le nom de naissance de la mère de Rowan Atkinson était Bainbridge, et qu’il a été élevé dans la religion anglicane.

dimanche 17 juillet 2016

Non, Audrey Tautou ne s’appelle pas Touati !

J’avais moi-même pris cette mignonne brunette pour une Juive. En effet, elle avait le type, les femmes qui se prénomment Audrey sont souvent juives, et le nom Tautou pouvait aussi suggérer une appartenance au peuple juif. Un ami m’a même assuré dernièrement qu’il s’agissait d’un nom de scène dérivé de Touati, qui serait le vrai nom de l’actrice (à moins que ce soit Touitou).

En réalité, Tautou est son vrai nom, et les départements dans lesquels il est né le plus de Tautou depuis la fin du XIXe siècle sont la Corrèze et le Puy-de-Dôme.

Par ailleurs, on sait aujourd’hui que si ses parents l’ont prénommée Audrey, c’était en hommage à Audrey Hepburn. 

Audrey Tautou est née à Beaumont, une commune de onze mille habitants du Puy-de-Dôme dans laquelle un Juif (ou une Juive) a très peu de chances d’être né. Je ne pense pas qu’on rencontre beaucoup de Juifs dans les environs, et il me semble que la seule communauté juive du département se trouve à Clermont-Ferrand.

Beaumont (Puy-de-Dôme)
L’actrice a passé son enfance et son adolescence à Montluçon, dans l’Allier, après quoi elle a préparé un diplôme de lettres à l’Institut catholique de Paris (Wikipedia). 

Sa mère s’appelle Evelyne Nuret, et Nuret est un patronyme de la région de l’Indre, par conséquent un nom pas plus juif que Tautou.

L’actrice a déclaré un jour que « tout le monde » lui prêtait une origine « ethnique », qu’on pensait qu’elle était originaire d’Afrique du Nord, d’Italie, d’Espagne ou du Moyen-Orient, bien qu’à sa connaissance elle soit 100 % française (imdb.com).

Lexamen de sa généalogie complète sur quinze générations, accessible sur « la toile » (geneanet.org), le confirme. Même en remontant jusquau XVIIe siècle, on y trouve uniquement des patronymes français, et il n’y apparaît jamais aucun « nom juif ».

mercredi 13 juillet 2016

Antoine Griezmann, juif parce que « -mann » ?

Sur FaceBook, des internautes juifs se demandaient si Antoine Griezmann, la nouvelle idole du football, était « de la communauté ». Naturellement, quelqu’un ne tarda pas à « confirmer » que Griezmann était « un Aschké »…

Pourtant, en dehors des clubs israéliens, bien rares sont les footballeurs juifs, si tant est qu’il soit possible d’en trouver. Quant à Antoine Griezmann, il n’a certainement pas le type !

Alors, pour quelle raison cette idée saugrenue, sinon parce qu’il a un patronyme en « -mann » ?

Il existe des noms en « -mann » dont on peut dire qu’ils sont « typés » juifs, comme Goldmann ou Seligmann. Mais comme je l’ai déjà indiqué dans mes articles précédents, la plupart des noms en « -mann » sont tout simplement des noms germaniques. Cest le cas de Griezmann comme de Goetzmann, Mulmann ou Kauffmann.

En effet, le père d’Antoine Griezmann est d’origine alsacienne (Wikipedia). Et rien nindique quil pourrait être juif.

La mère d’Antoine Griezmann, née Isabelle Lopes, est d’origine portugaise et selon toute vraisemblance, elle n’est pas juive du tout.

Antoine Griezmann est né à Mâcon, où prédomine aujourd’hui nettement le rite sépharade et où il ne semble pas qu’il y ait beaucoup d’Aschkénazes (il suffit de regarder les noms des membres du conseil d’administration du Consistoire régional).

Surtout, on aura « remarqué Antoine Griezmann embrassant l’image de la Vierge Marie qu’il porte sur son avant-bras » (Jean Vercors sur dreuz.info, qui évoque aussi un tatouage de Christ rédempteur et un chapelet dont le footballeur serait habituellement porteur).