dimanche 26 octobre 2014

George Frêche, catholique et pas juif

Georges Frêche, député et maire de Montpellier, était un grand ami des Juifs et d’Israël. Le comble est qu’il ait été accusé d’antisémitisme à la fin de sa vie, pour avoir déclaré que Laurent Fabius avait « une tronche pas catholique ». Il était pourtant connu pour ses provocations, lesquelles nétaient pas toujours de très bon goût.
 
Si certains ont cru pouvoir affirmer qu’il était juif, était-ce simplement en raison de sa sensibilité pro-israélienne ? Ou bien, est-ce parce qu’il existe effectivement des Juifs qui s’appellent Frèche (plutôt avec l’accent grave) ? Ce patronyme, dans certains cas, est une variante de Fredj, un nom d’Afrique du Nord à consonance arabe.

Cependant, le nom Frèche, également sous la forme Frêche, est surtout porté dans le Sud-ouest de la France. Il s’agit d’un toponyme fréquent qui désigne le frêne.

Là est l’origine du nom de famille de Georges Frêche. En effet, l’homme fort de Montpellier n’était pas juif et n’avait pas d’origines juives connues, comme le montrent les résultats de l’étude que Jean-Louis Beaucarnot a consacrée à sa généalogie (rfgenealogie.com).

Son père, Joseph Frêche, fils de paysans, était né en 1916 dans un village de l’Ariège, où sa famille était connue depuis le règne de Louis XIV. Du côté de sa mère, Marie-Jeanne Commenges (ibid.), Georges Frêche avait de très anciennes racines dans l’ancien comté de Comminges.

Par ailleurs, les obsèques de Georges Frêche, le 27 octobre 2010, se sont déroulées à la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier (Wikipedia).

vendredi 24 octobre 2014

Juive, Michèle Alliot-Marie ? Alliot, non mais Alliot, quoi !

Michèle Yvette Marie-Thérèse Marie, divorcée de Michel Alliot, est la fille de Bernard Marie et de Renée Leyko. Le nom polonais de sa mère est une raison possible des affirmations de quelques désaxés, selon lesquelles elle serait « sioniste » voire même « juive » : comme s’il n’y avait jamais eu une immigration polonaise en France, abstraction faite des Juifs !
 
On notera aussi qu’à l’instar de Nicolas Sarkozy, cette ministre était trop « philosémite » et pro-israélienne aux yeux des ennemis d’Israël, tout en étant trop pro-arabe et anti-israélienne aux yeux des défenseurs d’Israël. Les positions d’une personnalité dans ce domaine ne sont certes pas un critère probant pour dire si elle est juive ou non. On sait qu’il existe, malheureusement, des Juifs qui condamnent publiquement le judaïsme ou l’État d’Israël tout en se revendiquant juifs. Il existe aussi des non-juifs qui admirent le peuple juif et qui sont pro-israéliens. 

Cependant, même avec toutes les réserves que suppose l’interprétation d’un discours prononcé par un dirigeant politique, il me semble que jamais une personnalité juive n’aurait pu tenir des propos comme « je mesure le rôle des Juifs d’Europe dans la cohésion de nos sociétés » et « je connais leur attachement aux valeurs humanistes » (discours devant le Congrès juif européen en 2010). En effet, c’est là, très clairement, l’expression d’un point de vue extérieur.


Surtout, outre que Michèle Alliot-Marie n’a vraiment pas le type, il est très difficile d’imaginer des Juifs ayant pour patronyme Marie et donnant à leur fille un prénom comme Marie-Thérèse.

Dans une interview accordée en janvier 2008 à La Croix, « M.A.M. » précisait : « Dans ma sphère privée, je suis catholique, pratiquante. […] Je pratique sans ostentation. Je vais à la messe, tout le monde le sait. »

jeudi 23 octobre 2014

Elvis Presley, juif par son arrière-arrière-grand-mère ?

Je lis avec intérêt ce qu’écrit Guy Millière et je le tiens en haute estime, mais je ne suis pas obligé de le croire quand il affirme, par exemple, qu’Elvis Presley était juif (dreuz.info), pas plus que je ne suis obligé de suivre un Simon Wiesenthal écrivant que Christophe Colomb était juif.

Les doutes de certains lecteurs ont amené Guy Millière à préciser quelles étaient ses références, un article de Jeff Swope dans The Jewish Weekly (2010), un article du magazine juif américain tabletmag.com et l’ouvrage d’Elaine Dundy Elvis and Gladys.

L’article de Jeff Swope est inaccessible, la seconde référence suggère seulement que l’arrière-arrière-grand-mère maternelle d’Elvis aurait été juive, et d’après la troisième source, son arrière-grand-mère l’aurait été aussi. Dans cette hypothèse, il faudrait considérer que le « King » était au moins aussi juif que Kadhafi. 

Selon Wikipedia (en anglais), rien n’indique qu’Elvis Presley ou sa mère auraient jamais fait cas d’une ascendance juive. Pour le chroniqueur américain Nate Bloom comme pour les administrateurs du site Jew Or Not Jew, cette histoire dune lointaine ascendante juive du chanteur ne serait que pure invention. Sorry, Guy...

Né dans le Mississippi, Elvis Aaron Presley était le fils unique de Gladys Love Smith et de Vernon Elvis Presley. Il avait des ancêtres écossais, irlandais et français (normands), et une des arrière-grand-mères de sa mère était Cherokee.

Comme on peut le lire sur un forum en ligne, Elvis Presley s’intéressait à toutes les religions et prisait les symboles juifs aussi bien que les symboles chrétiens, mais c’était sans doute parce que, selon ses propres dires, il ne voulait pas rater le paradis à cause dun détail. En réalité, il était bel et bien chrétien, et pas juif.

En effet, il avait grandi au sein d’une famille chrétienne très religieuse qui fréquentait régulièrement l’église de la Pentecostal First Assembly of God, dans laquelle les fidèles chantaient du gospel.

On peut arborer un symbole juif même sans être juif. J'ai connu personnellement au moins trois personnes non juives qui, à linstar de Doc Gynéco, paraissaient en public avec une étoile de David en pendentif. 

Smith et Presley ne sont pas, en principe, des patronymes portés par des Juifs. Elvis Presley avait reçu comme second prénom Aaron, mais les prénoms bibliques sont courants chez les protestants américains. Il convient de noter, surtout, qu’il avait reçu comme premier prénom le nom intermédiaire – en l’occurrence, le second prénom – de son père : indice supplémentaire suggérant qu’il n’était pas juif.

Enfin, un coup d’œil à la tombe de sa mère et à la sienne permet d’en avoir le cœur net (photos ci-dessus).

mercredi 22 octobre 2014

François Rebsamen, juif selon des sources louches

Le journaliste Jacques Benillouche affirmait sur son blog (Temps contre temps), en mai 2012, que le Dijonnais François Rebsamen était juif (rapport à son nom, je suppose) et franc-maçon.

Que Rebsamen soit franc-maçon, c’est très vraisemblable. On croit savoir qu’il est membre du Grand-Orient de France. En revanche, qu’il soit juif, ce n’est qu’une invention de plus.

Le père de François Rebsamen...
Le père de François Rebsamen était Erich Gottfried Rebsamen, né à Stuttgart, dont Libération précisait le 15 mai 2003 qu’il était alsacien, protestant et fonctionnaire, alors que Wikipedia en fait un garagiste suisse de confession catholique. Il faudrait savoir. Mais dans les deux cas...

Erich Gottfried Rebsamen était lui-même le fils d’Ernst Rebsamen, suisse et protestant, et cuisinier au restaurant Lugano à Mulhouse. 

François Rebsamen a nié que son père ait été collaborateur pendant la Seconde Guerre mondiale (cf. M.A. Labet de Bornay) et a précisé que celui-ci, pour ne pas être enrôlé dans l’armée allemande, avait choisi de prendre la nationalité suisse.

La mère de François Rebsamen, Denise Agron, catholique selon des précisions données par Libération, était la fille du professeur Édouard Agron, chirurgien et homme politique originaire de Briennon. En 1940, celui-ci avait voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Agron serait un patronyme méridional, malgré une prédominance dans la Seine-et-Marne, désignant le héron (voir par exemple geneabook.org).

Pas plus que Rebsamen, le patronyme Agron n’est un nom porté par des Juifs.

Hector Guimard, juif par alliance ?

Hector Germain Guimard est né à Lyon le 25 mai 1867 « dans une famille sur laquelle on est encore très mal renseigné » (Encyclopaedia Universalis). On sait cependant que sa mère était lingère, et son père orthopédiste. On sait aussi que par la suite, son père tiendra un gymnase à Paris, boulevard Malesherbes.

Synagogue de la rue Pavée
Dans ce qui précède, rien n’indique qu’Hector Guimard aurait été juif, et surtout pas son nom. Guimard est un patronyme surtout porté dans le Morbihan. Certains lui prêtent une origine germanique, mais selon Jean Tosti, par exemple, ce serait plutôt une variante du nom breton Guimarch ou Guivarch.

Je ne vois donc que deux raisons possibles pour expliquer cette rumeur. La première est qu’il a été l’architecte de la synagogue de la rue Pavée, à Paris. On admettra que ce n’est tout de même pas un élément très probant.

La seconde raison est qu’aux prémisses de la Seconde Guerre mondiale,  il s’est exilé aux États-Unis, plus précisément à New York, avec son épouse, et qu’il semblerait qu’il ait fait ce choix par crainte de l’antisémitisme sachant que celle-ci, née Adeline Oppenheim, était juive.

Ce qui laisse pourtant entendre, et de façon très claire, que lui-même ne l’était pas.